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@@ -5,5 +5,5 @@ Dedans il y a le pdf du livre, ainsi qu'un fichier .md qui est la traduction en
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src/Adaptation/21-30.md Normal file
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@@ -0,0 +1,116 @@
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à tourner me baigner pour la seconde fois. Je n'eus pas grand
peine à me retirer car tout était calme.
Enfin le vent étant devenu favorable pour mettre à la
voile, nous fûmes faire nos adieux aux officiers du duc de
Chartres qui allaient aux Indes. Ils appareillèrent le 15 et
nous partîmes le 16 avec un vent nord est pour faire
route vers St Domingue et de là la Louisiane.
Nous sortîmes du port avec tout l'avantage
possible. Je commençais à prendre plaisir de de me trouver
sur un vaisseau qui marchait assez bien et aussi de
voir la plupart des passagers tristes et pâles, se sentant
des étourdissements sans relâche. Je me réjouissais en
moi-même de n'avoir point leur déplorable sort quand, lorsque
j'eus perdi de vue la terre et que le navire vint à s'émouvoir,
je commençais à sentir certaines émotions qui me firent
changer ma joie en tristesse. Cependant cela se passa pendant
que tous ceux avec qui j'étais étaient toujours malades de plus
en plus. J'aurais souhaité être de même qu'eux par l'ennui
que j'avais de ne leur pouvoir parler et de les voir continuellement
dans des vomissements affreux. Quelques jours se passèrent
de la sorte, les uns l'appétit leur revînt, les autres ne
vomissaient que rarement et se rétablirent de jour
en jour. Lorsque malheureusement pour moi, il vint
un vent plus fort que d'ordinaire qui nous mit tous dans
un triste état, surtout moi qui n'y avait point encore passé.
Je fus pendant 7 jours sans boire ni manger ni dormir et,
toujours avec des étourdissements et débordements affreux,
je ne pouvais m'empêcher de rire, quoi qu'en cet
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état, quand je regardais à côté de moi et que j'y apercevais
une rangée de monde faisant tous la même musique,
qui à l'envie les uns des autres en nous regardant, redoublions
nos efforts jusqu'à ce que nous eûmes entièrement payé
le tribut qui est dû à la mer. Ayant donc fait tous corps
neuf, nous nous consolâmes les uns les autres, malgré ce que
purent dire les officiers et matelots qui, bien loin
de nous plaindre, nous représentaient au contraire tout
ce qui peut être contraire à des coeurs abattus et très
malades. Je ne demeurais que trois jours entiers à me remettre
parfaitement. Autant j'avais manqué d'appétit, autant il m'en
vint par la suite, ce qui fit que j'eus bientôt repris mon
embonpoint que j'avais perdu et j'en fut quitte pour cela.
Ce ne fut pas la même chose de quelques personnes et
surtout des dames qui eurent toutes les peines du monde
à se remettre et restèrent malades pendant plus de la moitié
de la traversée.
Deux jours après, nous aperçûmes deux vaisseaux
sur les 6 heures du matin, l'un venant du sud faisant
route sur nous, portant pavillon blanc que nous reconnûmes
à 4 lieues 1/2 avec la lunette. Comme nous n'allions
pas tout à fait droit à lui, nous nous dérangeâmes un peu
de notre route et arrivâmes sur babord pour aller plus
droit à lui, ayant toujours eu soin, en cas de surprise, de
nous tenir en état.
Nous le laissâmes approcher jusqu'à la portée du porte-voix.
Pour lors, notre capitaine qui était Monsieur Aubin Duplessis, du
Havre, lui cria avec son porte-voix de mettre en travers
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et en même temps lui demanda qui il était, où il allait
et d'où il venait. Il nous répondit qu'il était Français,
qu'il se nommait la Vénus de Bordeaux, qu'il venait
de la Queue, quartier de Saint Domingue et ensuite, il
nous questionna à son tour. Nous lui dîmes aussi où
nous allions et après, nous nous séparâmes et nous nous
souhaitâmes l'un à l'autre bon voyage. J'eus bien de
la peine à le voir en aller, mais l'envie que j'avais
de savoir qui était celui qui cinglait après nous
me fis passer plus légèrement que je n'aurais fait sur le
regret que j'avais de le quitter. Nous marchâmes avec
la misaine seule en attendant celui qui était
derrière nous. Il nous suivit une demi-journée,
où ayant enfin reconnu qu'il était anglais et qu'il faisait
sa route, nous nous remîmes aussi dans la nôtre
et mîmes toutes voiles dehors et l'eûmes bientôt
perdu de vue. Selon toutes apparences, il semblait
venir d'Angleterre et aller à Cadix.
Le jour suivant, nous eûmes un gros temps qui commença
sur les 8 à 9 heures du matin et à 11 heures 1/2, nous
reçûmes un coup de vent. Ce fut là que pour le premier que
je vis je fis de belles reflexions et quantité de
morales en moi-même qui étaient capables, de la
manière que je les pensais, de ramener l'âme la plus
écartée. Je m'y enfonçais de plus en plus quand j'en
fus retiré par la vue d'une nombreuse troupe de
marsouins qui nous fit espérer changement de temps
et plus favorable. Je me remis donc de la peur que
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je venais d'avoir quand je fus replongé dans une
autre, toute apposée à la précédente. Ce fut un calme
tout plat qui nous survint et qui me fit plus de peine
que la tempête d'où nous sortions. Car ne voyant
aucun souffle de vent et un navire sans mouvement
en mer est un triste spectacle. Voyant qu'il n'y avait point
d'apparence d'en avoir de sitôt, je retombais de plus belle
dans mes pensées et plus profondément qu'auparavant.
Avec cela, j'entendais les matelots qui juraient, étant
ennemis mortels du calme, parce que pour l'ordinaire,
lorsqu'il dure, on retranche de leurs ratins pour faire
vie qui dure. Enfin je déplorais mon triste sort
sans cependant que personne s'en aperçoive quand notre
capitaine qui était à observer les astres, sortit
brusquement de sa chambre et fit passer tous
les matelots sur le pont afin d'être tous prêts
pour carguer les voiles et nous parer d'un grain affreux
qui s'approchait de nous.
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@@ -4,19 +4,19 @@ a tourner me beigne pour la seconde fois. je n'us pas grand
peine a me retirer car tout etoit calme;
Enfin le vent etant devenu favorable pour mettre a la
voille nous fumes faire nos adieux aux officiers du duc de
chartre qui alloient aux indes ils apareillerent le 15 et
chartre qui alloient aux indes. ils apareillerent le 15 et
nous partimes le 16 mars avec un vent nord est, pour faire
routte a St *domingre et de la a la Louisianne.
routte a St Domingre et de la a la Louisianne.
Nous sortimes du port avec tout l'avantage
possible. Je commancois a prendre plaisir de me trouver
dans un vaisseau qui marchoit assez bien et aussy de
voir la plus part des passagers tristes et *pas se sentent
voir la plus part des passagers tristes et pals se sentent
des etourdissements sans relaches, je me rejouissois en moy
même de navoir point leur deplorables sort, quand lors que
j'us perdus de veue la terre et que le navir vint a s'emouvoir
je commancay a sentir de certins emautions qui me firent
changer ma joye en tristesse. cependant ce la se passa pendant
que tous ceux avec qui j'estois avoient toujours malamdes de plus
que tous ceux avec qui j'estois etoient toujours malades de plus
en plus; j'aurois souhaitté estre de même queux par l'ennuy
que j'avois de ne leurs pouvoir parler et de les voir continuellement
dans des vaumissements affreux; quelques jours se passerent
@@ -24,8 +24,8 @@ de la sorte, les uns l'apetit leurs revint les autre ne
vaumissoient que rarement et se retablirent de jours
en jours. Lors que malheureusement pour moy il vint
un vent plus fort que dordinaire qui nous mit tous dans
un triste etat surtout moy qui ny avoit point encore passé
je fus pendant 7 jours sans boir ny manger ny dormir, et
un triste etat surtout moy qui ny avoit point encore passé.
Je fus pendant 7 jour sans boir ny manger ny dormir, et
toujours avec des etourdissements et debordements affreux
assurement je ne pouvois m'empecher de rir quoy quen cet
@@ -47,7 +47,7 @@ ce ne fut pas la meme chause de quelques personnes et
surtout des dames qui eurent toutes les peines du monde
a se remettre et resterent malades pendant plus de la moitié
de la traversée;
Deux jours apres nous apresumes deux vaissaux
Deux jours apres nous apersumes deux vaisseaux
sur les 6 heures du matin l'un venant du sud faisant
routte sur nous portant pavillon blanc que nous reconnumes
a 4 lieux 1/2 avec la lunette, comme nous n'allions
@@ -56,36 +56,36 @@ de notre routte et arrivames sur babord pour aller plus
droit a luy. ayans toujours eu soin en cas de surprise de
nous tenir en etat.
Nous le laissames aprocher jusqu'a la portée du porte voix,
pour lors notre capitanie qui etoit Monsieur aubin duplessis, du
pour lors notre capitaine qui etoit Monsieur Aubin duplessis, du
havre, luy cria avec son porte voix de mettre en travers
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et en même temps luy demanda quy il étoit, ou il alloit
et d'ou il venoit; il nous repondit qu'il etoit francois
qu'il se nommoit la Venus de Bordeaux, et qu'il venoit
de la queüe quanrtier St domingre, et ensuitte il
de la queüe quartier St domingre, et ensuitte il
nous questionna a son tour, nous luy dimes aussy ou
nous allions et apres nous nous separames et nous nous
souhaitames lun a lautre bon voyage. jus bien de
la peine a le voir en aller. mais l'envie que j'avois
de scavoir qui etoit celuy qui *singloit apres nous.
de scavoir qui etoit celuy qui singloit apres nous.
me fi passer plus legerement que je naurois fait sur le
regret que j'avois de le quitter; nous marchames avec
la *migraine seulle en attendant celuy qui etoit
la mizainne seulle en attendant celuy qui etoit
derriere nous. il nous suivit une demie journée
ou ayant enfin reconnu qu'il etoit anglois et qu'il faisoit
sa routte. nous nous remimes aussy dans la nostre
et mimes toutes les voilles dehors et l'eumes bien tot
perdus de veue, selcon touttes apparances il sembloit
venir d'angletterre et aller a Cadix.
perdus de veue, selon touttes apparances il sembloit
venir d'Angletterre et aller a Cadix.
Le jour suivant nous eumes un gros temps qui commanca
sur les 8 a 9 heures du matin et a 11 heures 1/2 nous
reçumes un coup de vent. ce fut la que pour le premier qu
reçumes un coup de vent. ce fut la que pour le premier que
je vis je fis de belles refflections, et quantité de
moralles en moy même qui etoient capables de la
maniere que je les pensois de ramener l'ame la plus
ecartée, je m'y enfoncois de plus en plus quant j'eu
fues retiré par la vueue d'une nombreuse troupe de
ecartée, je m'y enfoncois de plus en plus quant j'en
fues retiré par la veue d'une nombreuse troupe de
marçoins qui nous fit esperer changement de temps
et plus favorable. Je me remis donc de la peure, que
@@ -124,12 +124,12 @@ nous mettre a table, mais nous n'y fumes pas deux
minuttes qu'un second coup de vent nous prit en travers
et fit pancher le navir de telle sorte qu'il nous fit
tomber tous les uns par dessus les autres et pas un plat
ne restat sur la table quoy qu'amarer dessus, chacun
ne restat sur la table quoy qu'amares dessus, chacun
se releva du mieux qu'il put, l'un avec 2 dents
casser. lautre tout remply de sausse sur luy *et
casser. lautre tout remply de sausse sur luy et
de ce coup de mer l'on vint nous dire qu'il avoit
pensé nous demaster. Cela me donna cruellement
a penser du reste du voyage puis qu'a grand peine
a penser du reste du voyage puisqu'a grand peine
estions nous sortis de la rade nous avions de
pareilles temps qui est ce donc que nous aurions
par la suitte. j'aurois de bon coeur voulu retenir
@@ -139,7 +139,7 @@ nous eumes une nuit en recompance tres mauvaise. non pas
que la mer fut grosse. mais nous aprimes que nous devions
passer pres le cap finisterre qui est des costes de Portugal,
lequel est tres dangereux quand on l'approche de trop pres
le landemain lon nous dit que nous en avions passé a 7 lieux,
Le landemain lon nous dit que nous en avions passé a 7 lieux,
sur les 2 heures cela nous rassurat entierement; ce jour nous
rencontrames un batiment qui faisoit routte vers le nord.
mais que nous ne pumes reconnoistre parce qu'il etoit trop
@@ -166,14 +166,14 @@ a gouter les charmes du someil lors que le bruit confus
et les cris persants qui se fesoient sur le pont murent
bientot reveillé je prestay l'orreille attentivement. mais
ne pouvant rien entendre qu'un redoublement aussy confus
qu'auparavent. fit que je me jettay promptement en bas
qu'au paravent. fit que je me jettay promptement en bas
de mon cadre et courus sur le pont. je n'y fus pas plustot
que jy vis une petite seine entre quelques matelots aquy
lon avoit donné un oye qui aussitot etoit tombé a la
mer. ils sy jetterent aussy apres; ils eurent non seulement
de la peine a l'attraper mais aussy a se battre contre
les requins qui en vouloient au gibier et aux chasseurs.
malgré le peril que ces gens la couroient on ne pouvoit
Malgré le peril que ces gens la couroient on ne pouvoit
s'empecher de rire parce queux memes badinoient avec
ces animaux; c'est un plaisir de voir des matelots a la mer
le couteau entre les dents. car ils ne sy jettent jamais sans
@@ -183,7 +183,7 @@ cela, affin de toujours se trouver en etat de se déffandre.
contre les loups marins;
Nous vaugames deux jours tres paisiblement. le vent
arriere nous fesoit filler egallement pendant ces deux jours la
nos 9 neuds 1/2 par heure mais il fraichit le jour suivant
nos 7 neuds 1/2 par heure mais il fraichit le jour suivant
* Le mot de filler des neuds en terme marin. est qu'en jettant en mer une certaine longeure
avec une telle violance. qu'il nous pensa jetter bas notre mat
@@ -193,7 +193,7 @@ chose. il sortoit du levant et s'avansoit sur nous avec
toutes ses voilles dehors. cependant lors qu'il fut a 2 lieux distant
de nous. il en carga une partie et soit qu'il nous crut plus
forts que nous n'estions par l'espace de mats qui etoitent tres
bieaux et comme il nous voyaoit entravert soit qu'il nous prit
bieaux et comme il nous voyoit entravert soit qu'il nous prit
pour un vaisseau de roy ou autrement. il changea de dessin
et fi routte au nord, le vent ayant sur le midy beaucoup
frechit nous fit freler ou autrement dit serrer la grande