adaptation p21-24
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| Retranscription | adaptation des phrases | Français moderne |
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à tourner me baigner pour la seconde fois. Je n'eus pas grand
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peine à me retirer car tout était calme.
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Enfin le vent étant devenu favorable pour mettre à la
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voile, nous fûmes faire nos adieux aux officiers du duc de
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Chartres qui allaient aux Indes. Ils appareillèrent le 15 et
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nous partîmes le 16 avec un vent nord est pour faire
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route vers St Domingue et de là la Louisiane.
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Nous sortîmes du port avec tout l'avantage
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possible. Je commençais à prendre plaisir de de me trouver
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sur un vaisseau qui marchait assez bien et aussi de
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voir la plupart des passagers tristes et pâles, se sentant
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des étourdissements sans relâche. Je me réjouissais en
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moi-même de n'avoir point leur déplorable sort quand, lorsque
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j'eus perdi de vue la terre et que le navire vint à s'émouvoir,
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je commençais à sentir certaines émotions qui me firent
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changer ma joie en tristesse. Cependant cela se passa pendant
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que tous ceux avec qui j'étais étaient toujours malades de plus
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en plus. J'aurais souhaité être de même qu'eux par l'ennui
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que j'avais de ne leur pouvoir parler et de les voir continuellement
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dans des vomissements affreux. Quelques jours se passèrent
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de la sorte, les uns l'appétit leur revînt, les autres ne
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vomissaient que rarement et se rétablirent de jour
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en jour. Lorsque malheureusement pour moi, il vint
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un vent plus fort que d'ordinaire qui nous mit tous dans
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un triste état, surtout moi qui n'y avait point encore passé.
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Je fus pendant 7 jours sans boire ni manger ni dormir et,
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toujours avec des étourdissements et débordements affreux,
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je ne pouvais m'empêcher de rire, quoi qu'en cet
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état, quand je regardais à côté de moi et que j'y apercevais
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une rangée de monde faisant tous la même musique,
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qui à l'envie les uns des autres en nous regardant, redoublions
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nos efforts jusqu'à ce que nous eûmes entièrement payé
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le tribut qui est dû à la mer. Ayant donc fait tous corps
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neuf, nous nous consolâmes les uns les autres, malgré ce que
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purent dire les officiers et matelots qui, bien loin
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de nous plaindre, nous représentaient au contraire tout
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ce qui peut être contraire à des coeurs abattus et très
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malades. Je ne demeurais que trois jours entiers à me remettre
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parfaitement. Autant j'avais manqué d'appétit, autant il m'en
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vint par la suite, ce qui fit que j'eus bientôt repris mon
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embonpoint que j'avais perdu et j'en fut quitte pour cela.
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Ce ne fut pas la même chose de quelques personnes et
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surtout des dames qui eurent toutes les peines du monde
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à se remettre et restèrent malades pendant plus de la moitié
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de la traversée.
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Deux jours après, nous aperçûmes deux vaisseaux
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sur les 6 heures du matin, l'un venant du sud faisant
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route sur nous, portant pavillon blanc que nous reconnûmes
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à 4 lieues 1/2 avec la lunette. Comme nous n'allions
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pas tout à fait droit à lui, nous nous dérangeâmes un peu
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de notre route et arrivâmes sur babord pour aller plus
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droit à lui, ayant toujours eu soin, en cas de surprise, de
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nous tenir en état.
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Nous le laissâmes approcher jusqu'à la portée du porte-voix.
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Pour lors, notre capitaine qui était Monsieur Aubin Duplessis, du
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Havre, lui cria avec son porte-voix de mettre en travers
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et en même temps lui demanda qui il était, où il allait
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et d'où il venait. Il nous répondit qu'il était Français,
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qu'il se nommait la Vénus de Bordeaux, qu'il venait
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de la Queue, quartier de Saint Domingue et ensuite, il
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nous questionna à son tour. Nous lui dîmes aussi où
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nous allions et après, nous nous séparâmes et nous nous
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souhaitâmes l'un à l'autre bon voyage. J'eus bien de
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la peine à le voir en aller, mais l'envie que j'avais
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de savoir qui était celui qui cinglait après nous
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me fis passer plus légèrement que je n'aurais fait sur le
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regret que j'avais de le quitter. Nous marchâmes avec
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la misaine seule en attendant celui qui était
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derrière nous. Il nous suivit une demi-journée,
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où ayant enfin reconnu qu'il était anglais et qu'il faisait
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sa route, nous nous remîmes aussi dans la nôtre
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et mîmes toutes voiles dehors et l'eûmes bientôt
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perdu de vue. Selon toutes apparences, il semblait
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venir d'Angleterre et aller à Cadix.
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Le jour suivant, nous eûmes un gros temps qui commença
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sur les 8 à 9 heures du matin et à 11 heures 1/2, nous
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reçûmes un coup de vent. Ce fut là que pour le premier que
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je vis je fis de belles reflexions et quantité de
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morales en moi-même qui étaient capables, de la
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manière que je les pensais, de ramener l'âme la plus
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écartée. Je m'y enfonçais de plus en plus quand j'en
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fus retiré par la vue d'une nombreuse troupe de
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marsouins qui nous fit espérer changement de temps
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et plus favorable. Je me remis donc de la peur que
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je venais d'avoir quand je fus replongé dans une
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autre, toute apposée à la précédente. Ce fut un calme
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tout plat qui nous survint et qui me fit plus de peine
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que la tempête d'où nous sortions. Car ne voyant
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aucun souffle de vent et un navire sans mouvement
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en mer est un triste spectacle. Voyant qu'il n'y avait point
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d'apparence d'en avoir de sitôt, je retombais de plus belle
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dans mes pensées et plus profondément qu'auparavant.
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Avec cela, j'entendais les matelots qui juraient, étant
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ennemis mortels du calme, parce que pour l'ordinaire,
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lorsqu'il dure, on retranche de leurs ratins pour faire
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vie qui dure. Enfin je déplorais mon triste sort
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sans cependant que personne s'en aperçoive quand notre
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capitaine qui était à observer les astres, sortit
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brusquement de sa chambre et fit passer tous
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les matelots sur le pont afin d'être tous prêts
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pour carguer les voiles et nous parer d'un grain affreux
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qui s'approchait de nous.
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