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qu'il falloit nous unir ce jour même sans plus differer et
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quelle n'avoit qu'a se mettre dans ses atous non pas que
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ce fut paraport a moy qui la trouvoit charmante en tous
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tems mais paraport a la compagnie qui voudroit bien nous
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honorer de leur presence, je ne luy disois pas cela sans
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raison car d'elle même elle etoit tres malpropre avec
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des bas toujours sur ses talons et des souliers en pentoufle.
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Elle suivit tout ce que je luy avois dis et fut depuis 5 heures
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jusques a onze du matin a s'ajuster et a se moucheter, elle
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perdit entierement avec nos badineries une robe de
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chambre de Perce fort belle quelle emplit de goudron.
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Note de traduction : elle a enlevé une robe de perse (style du tissu) qui était sale de goudron
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Lors quelle fut bien mouchetée et parée, que tout le
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monde etoit assemblé dans la chambre de Monsieur Aubin a
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nous attendre, avant qu dy aller je luy rendis ses 10 pistolles
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et luy dis qu'il valloit mieux quelle les donna elle même
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a l'aumonier. Elle les prit et me promit de les luy donner.
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Ensuitte je la pris par la main avec de beaux gants blancs
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et la conduisit jusqu'a la chambre du capitaine ou l'on
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ne put nous voir entrer avec nos airs serieux surtout elle
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sans etouffer de rir, il n'y en avoit point de plus embarassé
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que moy parce que jaurois bien eclatté aussy de tout mon
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coeur si je nus crain de gatter tout voyant qu'on se mocquoit
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d'elle mais je soutins assez bien mon rolle.
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Lors que je fus entré je la presentay a Monsieur Aubin pour quelle
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luy souhaitta le bonjour. Il la resut assez froidement
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mais elle ne s'en embarassa guere, ensuitte elle saluat toute
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l'assemblée et fut apres s'assoire aupres de notre abbé
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ou l'orsquelle y fut elle luy parla et insensiblement elle luy
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glissa l'argent dont nous estions convenus pour le mariage
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croyant que personne ne l'avoit apperçus.
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Ces demoiselles n'en pouveant plus sortirent et emmenerent
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tous ceux qui etoient dans la chambre et nous enfermerent
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avec l'aumonier et resterent a ecouter a la porte se tenant
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les costes de rir tant des remontrances que nous fesoit le
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preste que des extravagants discours quelle luy tenoit;
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Lorsqu'il eut finy a nous exorter de bien nous aimer l'un
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et l'autre il nous ordonna de nous embrasser ce qui ne fut
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pas longtems sans s'executter; Il nous exortoit encore quand
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il vint un petit mot de la part du capitaine second m'avertir que son
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maitre me demandoit en bas dans la grande chambre;
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Je ne fus pas plustot sorty que tout le monde rentra feliciter
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Mademoiselle le Coq (c'est ainsy quelle se nomme) sur notre mariage
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elle reçeut ces compliments comme si effectivement les choses
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stoient faittes et avec une joye sans egalle pendant ce
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temps moy qui etoit allé en bas pour parler a Monsieur Aubin ou
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jn ne fus pas plustot devant luy qu'il me fit un grand eclat de
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rir. Il ne fallut pas beaucoup me prier pour en faire autant
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croyant comprendre le sujet pour lequel il le faisoit, mais
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par hazard m'etant retourné je fus tres etonné et redoublay
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mes rirs en appercevant ma pretendue derriere moy qui
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etoit demeurée comme immobille de ce que nous rion tant
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n'en scachant pas la raison, etant hors d'elle même,
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elle fit semblan d'avoir affaire a fouiller dans ses coffres
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ou apres une espace de tans voyant que nous restions toujours
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la sans rien dire seulement a la considerer elle prit le
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partie de remonter en haut;
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L'ors qu'elle n'y fut plus. Il me dit qu'il falloit comme les
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choses etoient a ce quelle croyoit tres avancées faire naitre
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|
quelquinconveniant pour pouvoir mettre empechement au
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mariage affin de le rompre, apres avoir pensé quelques
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instans a ce sujet. Pour le mieux il se servit de son
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autorité, et me dit il faut que vous luy disiez que je vous
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ay deffendu de vous entretenir davantage avec elle, et que
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qui plus est si je m'apperçois du moindre clin d'oeil, je
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scauray bien y apporter un prompt remedre qui pouroit
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ne nous pas convenir et du quel vous pouriez vous en
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repentir a la suitte l'une et lautre;
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Je suivis cet avis qui nous grattoit luy et moy par ou il
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nous demangeoit, mais bien differament, car luy parcequ'il
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ne pouvoit plus enjouir comme auparavent n'etant plus
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attachée qua moy seul et qu'elle n'alloit plus le voir les
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soirs dans la chambre; Moy au contraire parcequelle
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etoit partout ou jestois dons j'estois très las et que je ne
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pouvois plus avoir aucune conversation libre avec ses
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autres demoiselles; Lors que nous eumes enfin convenud de
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ce que je devois dire nous remontames en haut mais il
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n'entra point dans la chambre et se tint caché derriere
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la porte pour écouter ce quelle diroit; Pour moy j'entray
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avec l'air tres triste et fus m'assoir a un des coins de la
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chambre ou elle ne tarda guerre a m'y venir trouver,
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et a me demander le sujet de mon chagrin pour quoy j'estois
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sy reveur et si je ne devois point etre au comble de
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ma joye etans déstinés l'un pour lautre. A ces mots
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je poussay un long soupir qui ne s'en fallut guere qu'il
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ne se metamorphosa en un grand eclat de rire, mais
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miraculeusement je me retins. Elle me persecutta voyant
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que je ne luy repondois rien. Si bien qu'il fallut que je luy
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decouvre la meche, je luy dis que j'estois le plus
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infortuné de tous les hommes, qu'assurement j'avois
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quelque fois essuyé des revers de la fortune mais
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que jamais je n'enavois eu un pareille qui indubitablement
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m'alloit arracher une malheureuse vie qui apres ce coup
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ne me seroit jamais qu'audieuse.
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Elle demeura a ce discour trancis et un moment apres
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elle revint a elle et me demanda d'une voix tremblante
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quel etoit le malheur qui venoit de m'arriver je ne voulus pas
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encore luy dire mais apres bien des prieres quelle fit
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entendre a toute l'assemblée qui conversoient entre eux
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affin de nous laisser plus libre et aussy pour pouvoir rire a
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leurs aise de ses extravagances quils remarquoient tres
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attentivement, et d'un autre costé jestois bien aise de laisser
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voir a notre capitaine qui etoit a regarder deriere la porte
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qu'il nétoit pas le seul aimé je luy racontay tout ce que
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nous estions convenus Monsieur aubin et moy, elle me crut, et sitot
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que j'us finy de parler elle retomba dans une reverie plus
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profonde que la precedante ou apres elle se leva comme
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une personne au desespoir contre le capitaine faisant des
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gesticulations et disans des choses qui furent cause que les
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personnes qui etoient dans la chambre sortirent, (elle
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avoit encore la perfection de bien jurer) et moy fegnant
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d'estre tres sensiblement touché de son sort et du mien
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je me retiray ou je fus rejoindre l'aumonier et ses demoiselles
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que je trouvay assises sur leurs lit qui dechargoient leurs
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coeurs a force de rire j'en fis de même et laissay un
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libre cour aux ris que j'avois eté obligé de retenir.
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Pendant ce tems Monsieur Aubin qui etoit entré dans
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la chambre sur les entre faites qu'elle déclamoit contre
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luy la surprit et luy parla d'un ton tres severe,
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la menaça de l'enfermer s'il s'apersevoit seulement
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quelle me jetta le moindre regard. toutes ces menaces
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firent peu d'effet sur son esprit et n'empecherent pas
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quelle ne me parle mais effectivement s'estoit a
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l'echapade lors quelle entrovoit l'occasion elle me
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disoit qu'un temps viendroit quelle n'y moy ne ferions
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plus sous son pouvoir, et que pour lors nous pourions
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jouir paisiblement ensemble des plus parfaits plaisirs
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que jamais le dieu d'amour ait accordé a ses enfants.
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Et voila comme insensiblement finit nos amours, qui se
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tournerent en haine par la suitte;
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Le long du bord nous vimes cette même journée
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sur le soir passer un mort. C'est un oiseau parfait, il
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est tout blanc par le corps, de la grosseur d'un pigeon,
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le bec et les pattes d'un rouge tres if, il a de grands
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yeux noirs, les ailes et la queue d'un vers de mere.
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Cet animal nous fit juger que nous n'estions au plus qua
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20 lieux de terre car cet oiseau ne s'ecarte point de
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la terre;
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Il n'y avoit que 8 jours que notre derniere seine venoit
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de finir. Lors qu'il en survint une autre mais bien plus
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serieuse que la precedente. Elle commanca sur la nourriture
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Comme nous estions fort mal noury et que depuis
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un tres long tems l'on nous servoit a la table toujours
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les mêmes choses, lassés d'êstre si mal nous ne pumes
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nous empecher d'en faire sentir quelque chose a notre
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capitaine; L'occasion s'en presenta un jour qu'il voulut
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nous retrancher l'eau quoy que tres puante nous disant
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qu'il n'y en avoit plus que tant de barils. Comme nous n'en
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avions deja pas trop et que la challeur étoit insuportable
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par consequent qui nous atteroit infiniment, nous nous
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emportames tous et luy dimes qu'il nous faisoit manger
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trop de viande sallé que ce n'etoit point la les intentions
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de la compagnie qui entendoit et pretendoit qu'on embarqu'a
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des bons raffraichissements, comme jambons, langues,
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endouilles fromages, et ainsy du reste, qu'à l'egard de
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l'eau sil ne l'avoit pas prodigué a en faire arroser ses
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orangers nous n'en ferions point court ainsy qu'ayant
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forces poids ou les pusserons lioient la sosse, du lard
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jaune, du boeuf sallé, et du ris mal accomodé, cette
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nourriture nous deplaisoit tres fort, dautant plus que
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nous scavions par nous même que tous les jours luy et les
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autres officiers dejeunoient avec les raffraichissements qui
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etoient egallement pour nous que pour eux, nous luy en
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allions bien dire davantage toute suitte. Mais en cet endroit
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il semporta tres fort et nous dit que si nous n'etions pas
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comptans que nous prissions des cartes, nous le menassames
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de dresser un memoire que nous signerions tous ou nous
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marquerions a la compagnie tous les mauvais traitements
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qu'il nous faisoit, et que nous ferions partir ces plaintes
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par la premiere occassion, il voulut se servir de son
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pouvoir absolu apella un sergent au quel il commanda
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d'aller chercher des fusilliers pour nous mettre tous aux
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ferts jusqu'a ce que nous fussions arrivés a la baye
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Saint Louis ou l'on nous reduiroit a la raison, nous
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n'ûmes pas plûtot entendu cela quétant dans la grande
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chambre qui servoit de saitne barbe, nous sautames tous
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sur chacuns une arme pour nous mettre en deffance.
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Un nommé reitet garçon plein de coeur qui avoit servi
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dans plusieurs batailles ou il s'etoit fait aimé et fait
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reconnoistre pour brave principalement a belle grade
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ou il avoit fait plusieurs actions remarquables. Voyant
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que norte capitaine m'étoit l'epée a la main, sauta sur
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son sabre et fut pour luy en decharger un coup heureusement
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que je me trouvé assez pres de luy pour parer le coup
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avec le canon de mon fusil ou il fit une entaille dessus;
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nous dimes a monsieur Aubin que quoy qu'il fut le maitre dans
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son bord etant traitez comme nous etions sil continuoit
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nous saurions bien nous même nous faire traiter autrement
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que luy ou ceux qui ne le trouverois pas bon prissent des
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cartes et que sils vouloient raisonner encore nous les
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ferions sauter par dessus le bord;
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Nous luy parlions dans ces termes parceque nous avions
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de notre costé les soldats au nombre de 20 qui etoient
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tres mecontants de luy et qui avoient deja murmuré,
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ainsy n'y luy n'y son equipage nos ne le craignons
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point, il le vit bien et petit a petit se radoucit mais
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dans le fond de l'ame il n'en enragoit pas moins;
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Ce qui luy fit appercevoir que tout etoit mécomptant c'est
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que le sergent qu'il avoit envoyé avertir un soldat de venir y alla
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effectivement mais il y restat aussy. Cet homme fit bien de
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deserter en arrivant a la baye car il ne luy promettoit
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pas poire molle; Le landemain de notre dispute nous
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fumes un peu mieux servis, il nous fit (comme un homme
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tres politique fin et avare normand) a tous bonne mine
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car autrement il risquoit qu'a la premiere attaque les
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soldats et peutestre une partie de nous autres passagers
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nous ne nous rengassions du costé de l'hennemy. J'avoue
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qu'un capitaine se trouve bien embarassé lors qu'il a plusieurs
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passagers qui veulent etre bien et qui luy empechent par la
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de faire son compte autant qu'il le voudroit al leur depends.
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Nous apaisames les soldats le mieux que nous pumes
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qui murmuroient toujours, car a la vérité j'estimois
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infiniment notre capitaine qui le meritoit aussy a son interest
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pres qui le rendoit insuportable a nous qui en patissions.
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Le landemain me promenant sur le pont je
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vis plusieurs galleres sur l'eau ce sont des limons de la
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mer faits comme les pates nommez orreilles de suisse, le
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milieu est comme la fine peau d'un oignon et les bords
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sont bordez d'un couleur de roze pale. J'en attrapay une
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mais je ne lus pas plustot dans la main que je crus avoir
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la main perdue l'ayant toute en feu de la maniere que cela
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me cuisoit. Je la jettois promptement et demanday a quelques
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matelots ce qui mavoit brulé commant on le nommoit, il se
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mirent a rire de ce que jy avois eté attrapé ils me dirent
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que cestoit une gallere et que je pouvoits fort bien en avoir
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la galle si je me grattois mais heureusement je nus rien.
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Je dessendis dans la chambre ou je me mis a jouer avec ces
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demoiselles, je n'y fus pas plustot que l'on vint nous
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dire qu'il y avoit a l'emerillon, (qui est un espece d'ameçon
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attache a une chesne de fer laquelle tient a un cordage
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de la grosseur dun pouce de diamèttre) un poisson
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d'une grosseur epouvantable, nous montames en haut ou
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on cargua les voils et l'on mit a la cape les matelots
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passerent sur le bord les uns pour hisser cet animal, et
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les autres pour regarder. Nous regardions bien aussy tous
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lors qu'apres qu'ils eurent tirés de l'eau environ 30 brasses
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de cordage on crut apercevoir au bout de cet emerillon
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comme un animal noir dune grosseur prodigieuse, car
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dans la mer les objets grossissent infiniment, enfin apres
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que chacun eut dit son sentiment sur ce que ce pouvoit
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etre il se trouva que cestoit un baril de gaudron qui
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s'etoit pris a l'emerillon; Peu de tems apres nous vimes
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a tribord un banc de poissons on apperçoit cela de fort
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loing. Ce sont des plottons d'une et deux lieux de
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longueur; Ce banc etoit composé de bonnittes, dorades,
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et autres, qui sautoient apres les poissons vollans;
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Et en l'air il y avoit des fregattes, des sols, et des goalans
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qui tombaient dessus les petits poissons, c'estoit une guerre
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animée entre les oiseaux et les poissons, une chose
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assez particuliere c'est que le sol sitot qu'il voit un poisson
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vollant il fonce dessus. mais quand par hazard il ne
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l'attrape point par la queue il ne l'avalle point,
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et s'élleve tres haut puis il le laisse tomber pour aussitot le
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reprendre par la teste ou il l'avalle; C'est un charme
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d'avoir l'agilité avec la quelle cela se fait;
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En parlant de choses et d'autres Monsieur Aubin ayant entendu
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dire que ma feste etoit le landemain, me donna le soir
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ln un bouquet aves les instruments qui etoient dans le
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navire et me fit present d'un flacon de liqueur, et le lendemain
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il me donna un beau dejeuner. Je ne doute point que ce ne
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fut par amitié que ce qu'il en fit car effectivement je n'en
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etois point hay, mais la politique y avoit aussy un peu
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de part; Sur le soir nous appersumes un navir a 3 lieux
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et d'Ouest 1/4 suroit qui etoit notre route, que nous quittames
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pour porter dans l'oist suroy pour arriver surluy.
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ayant pendant ce temps regardé avec la longue veue
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nous aperçumes qu'il avoit hissé pavillon englois, pour
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aller plus vitte a luy nous defretames l'artimon et
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le peroquet de fougue ayant tout le reste dehors;
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quand il vit que nous faisions route sur luy a pleine
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voilles, il se remit en panne pour nous attendre avec
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toutes les voilles carguer; Lors que nous fumes plus
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pres nous vimes auil amenoit pavillon anglois et qu'il
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hissoit pavillon sans quartier, c'est un pavillon ou les
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vus ont 3 testes de mort avec des larmes et deux sabres
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en croix rouges le tout sur une etoffe noir les
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autres ont trois croissants ?? notre capitaine
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ayant veu que c'estoit un forbant quoy qu'il eut envie
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aussy bien que nous de continuer d'aller dessus, changea
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neamoins de sentimens paraport aux ordres de la
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compagnie qui sont d'eviter les occasions de combat.
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Comme nous avions cessé de le poursuivre et que nous
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allions reprendre notre routte, nous luy vimes
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sortir a son tour jusquaux voils d'eté et fit route sur
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nous. Comme il n'y avoit plus de tems a perdre et qu'il
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marchoit mieux que nous, nous primes aussy le party
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de mettre en travers et carguames toutes nos voilles.
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Lors qu'il vit que nous estions resolus a l'attendre et
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qu'il eut examiné nos entre deux de mals soit qu'il
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nous juger estre un navir de roy ou que nous fussions
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plus forts que luy, il se resolut de cour des bordez,
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tantot il etoit devant nous et tantot derriere; Il avoit
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toujours grand soing de se tenir hors la portée de notre
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canon. Il fit ce manege jusqu'a la nuit ou nous nous
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attendions qu'il viendroit nosu surprendre, en cas
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d'attaque on prepara toutes choses en etat, on monta aussy
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dans les hunes en cas d'abordage des grenades et des
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flacons a poudre, apres on renga tout le monde dans
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les postes convenables, pendant ce temps voyans que
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nous no decouvrions rien nous fumes partie nous jetter
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sur nos cadres avec nos armes pour nous reposer quelques
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heures et apres aller relever les autres;
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Sur les deux heures comme nous causions sur le pont
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et que nous ne pensions plus a rien, un soldat qui etoit
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allé dans les porteaubans pour faire ses necessitez
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apperçut ce navire a demie portée de fanion qui
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vouloit tout d'un coup nous prendre a l'abordage,
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soit qu'il n'eut point la force de rachever ses affaires, ou
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qu'il en avoit mis la moitié dans sa culotte, il s'en vint
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mourant de peure puant comme un bouque nous
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dire que nous estions perdus; Son air effaré et sa
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voix tremblante nous intimida dabord, nous voulumes
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luy demander ce qu'il vouloit dire mais nous ne pumes
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en rien apprendre davantage, notre capitaine envoya un
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matelot pour scavoir ce que c'estoit, mais apeine fut il
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hors de la chambre que plusieurs autres vinrent nous
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avertir que le forbant étoit sur nous, alinstant chacuns
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se plasserent dans leur poste, on vint au sol et mimes
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entravers sans qu'il s'en appersut car il faisoit tres sombre
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et nous ne faisions aucun bruit, nous luy envoyames
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notres bordée sans luy donner le tems de se reconnoistre
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nous virames de bord et nous luy envoyames la seconde
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bordée et rechargeames promptement. Il ne jugea
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pas apropos de rachever ce qu'il avoit assez bien commance
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et gagna promptement au large sans que sa bordée
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de canon ne nous ait fait aucun mal, nous passames
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le reste de la nuit a veiller mais il ne revint plus;
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Sur les 8 heures du matin nous attrapames une trentaine
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de fois qui vinrent ce poser sur les vergues, ces oiseaux
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sont tres bestes puisqu'ils se laissent prendre a la main et
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quand on les a mis sur le pont a cour ils ne s'envollent plus
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quoy qu'ils ayent de grandes ailes; sur les 9 heures 1/2 le
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matelot qui etoit en haut a la decouverte cria qu'il voyoit
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terre. Il dessendit on luy donna double ration cette journée
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pour recompance, nous montames au grand peroquet ou
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nous vimes effectivement la terre a pres de 10 lieux suivant
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l'estimation du pilotte.
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L'isle de la Dominique fut la première que nous vimes
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a tribord, et a babord la Martinique. Nous passames au
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milieu des deux isles, elles sont eloigner de 12 lieux l'une
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de l'autre; Le landemain nous laissames a tribord de nous
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la Guadeloupe, et l'isle d'Ebarbade, le reste de la journée
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nous filames 11 noeuds. Le même jour nous primes un
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marcoin, ce qu'il y a de particulier dans cet animal c'est que
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quoy qu'il soit coupé par morceaux il remue toujours, il a des
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dents jusques dans le col, il a une pierre dans la teste
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que l'on pretant estre d'un secour tres util pour les femmes
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qui sont entravail d'enfant en leurs faisant prendre dans
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un boüillon de cette piere en poudre, il est aussy bien
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que la tortue propre a bien des sortes de remedes, il a le
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sang chaud; Selon mongou il n'est pas trop bon a manger
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cependant il a la chere tres blanche a peu pres comme celle du
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brochet mais la repugnance de manger la chere humaine
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m'en a degouté.
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La driade fregatte angloise(ayant manqué de
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vivres et ayant pris le dessin de relacher aux ports les plus pres
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pour y faire en même temps de l'eau) nous raconta qu'ayant
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veus passer le long de leurs bord un gros requin le harponnerent
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et eurent avec 2 palans assez de peine a l'embarquer que
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cependant l'etant, cet animal frapoit si fort avec sa queue qu'il
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attrapa un miserable cochon qui fut tué sur l'heure du
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coup qu'il receut, et qu'au plustot ils furent contrains de se
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mettre 6 hommes avec des haches pour luy couper la queue
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ou sont sa vie et sa force, et apres l'ouvrirent, comme ils
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alloient faire l'ouverture de sa poche qui etoit tres grosse
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au premier coup de couteau elle se fendit assez pour leurs laisser
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voir un hamac dans lequel etoit un homme tout entier qu'ils
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reconnurent pour celuy qu'ils venoient de jetter a la mer il y
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avoit environ 8heures, ils le rejeterrent bien promptement a,
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l'eau et nous leurs donnames les secours qu'ils nous demanderent
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pour les aider a gagner le premier port.
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Notre capitaine nous anonça ce jour a souper que nous avions
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perdus dix barils d'eau qui avoient étes percer par les rats
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et que par consequent nous naurions plus que chopine par jour
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nous ne dimes rien et falut en passer par la, c'estoit une pitié
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que devoir l'equipage faute deau sur les dens; Pour moy je
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n'en pouvois plus. quand je buvois du vin il m'altheroit beaucoup,
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de l'eaudevie encore plus. Enfin par bonheure que je me
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ressouvins que javois 4 flacons plins deau de pays que javois
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remplis a Lorient affin de tenir les flacons en etat et qu'ils
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ne balottassent point dans la canevette. Jusque la javois un
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tres grand mepris de cette eau, mais me trouvant dans un
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climas plus chaud et ce retranchement impreveu etant
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venu ne scachant plus que faire de ma personne j'offrois
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mon vin pour la moitié d'eau sans pouvoir trouver personne
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avec qui m'accommoder, je crus trouver a la fin un secret qui
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etoit que je me mis sur mon cadre pour dormir et tacher
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par la de dissiper lenvie extraordinaire que j'avois de
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boire. Mais je ne pus jamais perdre le souvenir de leau,
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justement dans ces momens je me representois des ruisseaux
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et de belles fontaines d'eau claire et fraiches, qui ne faisoient
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quaugmenter ma misere, etant accablé je vint heureusement
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a penser que j'avois ces 4 flacons plins. je sautay avec transport
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abas de mon lit et fut à ma canevette ou j'en pris un qui
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sembla aussy bon quil mavoit paru detestable. Je le resseray
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et pris bien garde qu personne ne mut veu car l'on me
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les auroit vollé. Il y eut de cette dizette 22 hommes de
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l'equipage qui tombèrent malades du scorbu, la chopine
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d'eau que nous avions etoit de l'eau ou les vers sautoient
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dedans, avec cela puante et verdastre, encore fort chaude.
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Cependant nous buvions ce nectard avec plaisir;
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Toute sortes de malheures nous en voulurent car nous
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n'estions qu'a 2 lieux de portorique sans pouvoir le
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doubler paraport a la marée que nous avions contraire
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qui nous remit au large ou nous nous vimes a lheure
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et au moment de ne plus avoir d'eau dutout; nous vimes
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un navire qui etoit devant nous eloigné environ d'une
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lieue 1/2 et qui faisoit même route que nous, nous
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mimes sur le champs pavillon en berne et luy tirames
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un coup de canon sous le vent pour luy demander secours.
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Mais malheureusement pour nous il ne nous entendit point
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et poursuivit toujours sa routte et deux heures apres
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nous apersumes terre, ce fut pour nous rejouissance
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publique et cela ranima l'equipage. On fit servir toutes
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les voilles quoy quayant vent largue et presques au plus
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pres, nos peines furent encore veines car nous numes
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que la satisfaction d'avoir reconnu l'isle saint domingre
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nous courumes pendant 3 jours des bordez le jour nous faisions
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route et la nuit nous mettions en travers et virions de bord
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de peur d'aller echouer, enfin apres bien des fatigues
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nous doublames la pointe qui nous embarassoit. Mais nous
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ne fumes pas a 10 lieux que le calme nous prit. Je crus que
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ce jours que n'ayant pas la moindre allene de vent nous
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etoufferions; Sur les 2 heures après midy nous appersumes
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artavelle qui est une petit isle. Nous jugeames que nous
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n'estions qua 25 lieux de la baye saint Louis;
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Tous les matins nous avions l'agrement d'être embaumés
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par la brise qui est le vent de tere. Il etoit remply de
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divers audeurs odoriferantes qui nous recreoient tout
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affet l'odorat, mon impatiance étoit sans egal de voir
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la terre sans pouvoir y aller manger des oranges a ma
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discression, et plusieurs autres fruits qui y sont exquis;
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Mais ne pouvant faire autrement je pris mon party en galend
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homme et fus m'amuser a pecher par un des babords de la
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sainte Barbe ou je pris 800 (sans emplifiés qu'il a dit en intro) petits poissons bons a frire;
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Sur les 4 heures dudit (9eme ?) jour nous appersumes un navire
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sur le vent a nous, a babord, qui semblait singler sur nous
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comme effectivement il y singloit, il fit en moins d'une heure
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3 lieux, ayant hissé pavillon anglois, et nous pavillon
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francois il saprocha jusqu'à la portée du porte voix; Nous
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luy criames d'ou le navire, il nous repondit, et nous demanda
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ou nous allions et qui nous estions, nous luy repondimes que
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nous estions de Breste et que nous allions en Cource(je sais pas); Comme
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nous parlions nous le mimes insensiblement sous le vent a
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nous, nous estions chacuns dans nos postes en cas qu'il faille faire
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feu, ce que nous crumes bien car s'etant mis en travers sur
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nous, nous n'attendions plus que sa bordée et nous le bud (??)
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sur la lice nous etions tous prets a luy reponde quand
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nous vimes paroistre leur canot a la proue de leur vaisseau,
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nous ne brenlames point de nos postes et le laissames
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venir a bord, ce qui les avoit fait estre si long tems a
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mettre le canot a la mer, cest quils attendoient que nous y
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missions le nostre car autrement ils l'auroient mis plus vite,
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layant toujours suspendu en dehors sur 2 balans.
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Lors dont que celuy qui avoit sté deputé fut monté a
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bord il nous dit qu'il etoit second de ce vaisseau, monsieur Aubin
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le fut recevoir luy fit mil politesses a son ordinaire
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et ensuitte le fit passer dans la chambre ou il luy donna
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une colation; Cet envoyé nous dit qu'il etoit corcere que
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le vaisseau se nommoit le saint fort commandé par monsieur
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Scemithe. Il nous apprit aussy qu'il y avoit environ 6 heures
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qu'il avoit battu un batiment forbant sans pouvoir le
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prendre qu'ils l'avoient poursuivie assez longtems mais
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qu'estant plus leger qu'eux ils l'avoient perdus de veu, et
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que nous ayant aperçeus ils avoient crus que c'estoit encor
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luy qui apres s'estre greyer(??) revenoit a la charge;
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Pendant qu'il parloit ainsy, l'equipage de son canot
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etoit monté a bord et j'informoient au nostre combien
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ils etoient mais ils tomberent entre les mains de quelques matelots
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qui en scavoient dumoins ausy long queux qui leurs dirent qu'ils
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estoient 300 hommes d'equipage et 30 passagers; Nous
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appersumes qu'a leurs bord ils etoient aussy tous pres a faire feu.
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J'y apperçus deux dames angloises aux fenestres de la chambre
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du capitaine qui me parurent tres jolies; C'est assez la coutume
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de l'anglois de mener en cource leurs femmes avec eux.
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Lors que ce second capitaine corcere se fut bien raffraichy
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eut bien bu, il nous dit qu'il alloit a son bord pour tacher
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