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a tourner me beigne pour la seconde fois. je n'us pas grand
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peine a me retirer car tout etoit calme;
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Enfin le vent etant devenu favorable pour mettre a la
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voille nous fumes faire nos adieux aux officiers du duc de
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chartre qui alloient aux indes ils apareillerent le 15 et
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nous partimes le 16 mars avec un vent nord est, pour faire
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routte a St *domingre et de la a la Louisianne.
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Nous sortimes du port avec tout l'avantage
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possible. Je commancois a prendre plaisir de me trouver
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dans un vaisseau qui marchoit assez bien et aussy de
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voir la plus part des passagers tristes et *pas se sentent
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des etourdissements sans relaches, je me rejouissois en moy
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même de navoir point leur deplorables sort, quand lors que
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j'us perdus de veue la terre et que le navir vint a s'emouvoir
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je commancay a sentir de certins emautions qui me firent
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changer ma joye en tristesse. cependant ce la se passa pendant
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que tous ceux avec qui j'estois avoient toujours malamdes de plus
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en plus; j'aurois souhaitté estre de même queux par l'ennuy
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que j'avois de ne leurs pouvoir parler et de les voir continuellement
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dans des vaumissements affreux; quelques jours se passerent
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de la sorte, les uns l'apetit leurs revint les autre ne
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vaumissoient que rarement et se retablirent de jours
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en jours. Lors que malheureusement pour moy il vint
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un vent plus fort que dordinaire qui nous mit tous dans
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un triste etat surtout moy qui ny avoit point encore passé
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je fus pendant 7 jours sans boir ny manger ny dormir, et
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toujours avec des etourdissements et debordements affreux
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assurement je ne pouvois m'empecher de rir quoy quen cet
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etat quand je regardois a costé de moy et que jy apersevois
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un rangée de monde faisants tous la même musique
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qui a l'envie les uns des autres en nous regardans redoublions
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nos efforts. jusqu'a ce que nous eumes entierement payés
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le tribut qui est du a la mer; ayant donc faits tous corps
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neuf nous nous consolames les uns les autres. malgré ce que
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nous purent dire les officiers, et matelots qui bien loing
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de nous plaindre nous represontoient au contraire tout
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ce qui peut etre contraire a des coeurs abatus et tres
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malades; je ne demeuray que trois jours entiers a me remettre
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parfaitement autant javois manqué d'apetie autant il m'en
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vint par la suitte, ce qui fit que jus bientot repris mon
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embonpoin que javois perdus et j'en fus quitte pour cela,
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ce ne fut pas la meme chause de quelques personnes et
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surtout des dames qui eurent toutes les peines du monde
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a se remettre et resterent malades pendant plus de la moitié
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de la traversée;
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Deux jours apres nous apresumes deux vaissaux
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sur les 6 heures du matin l'un venant du sud faisant
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routte sur nous portant pavillon blanc que nous reconnumes
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a 4 lieux 1/2 avec la lunette, comme nous n'allions
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pas tout a fait droit a luy. nous nous derangames un peu
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de notre routte et arrivames sur babord pour aller plus
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droit a luy. ayans toujours eu soin en cas de surprise de
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nous tenir en etat.
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Nous le laissames aprocher jusqu'a la portée du porte voix,
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pour lors notre capitanie qui etoit Monsieur aubin duplessis, du
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havre, luy cria avec son porte voix de mettre en travers
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et en même temps luy demanda quy il étoit, ou il alloit
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et d'ou il venoit; il nous repondit qu'il etoit francois
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qu'il se nommoit la Venus de Bordeaux, et qu'il venoit
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de la queüe quanrtier St domingre, et ensuitte il
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nous questionna a son tour, nous luy dimes aussy ou
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nous allions et apres nous nous separames et nous nous
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souhaitames lun a lautre bon voyage. jus bien de
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la peine a le voir en aller. mais l'envie que j'avois
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de scavoir qui etoit celuy qui *singloit apres nous.
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me fi passer plus legerement que je naurois fait sur le
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regret que j'avois de le quitter; nous marchames avec
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la *migraine seulle en attendant celuy qui etoit
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derriere nous. il nous suivit une demie journée
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ou ayant enfin reconnu qu'il etoit anglois et qu'il faisoit
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sa routte. nous nous remimes aussy dans la nostre
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et mimes toutes les voilles dehors et l'eumes bien tot
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perdus de veue, selcon touttes apparances il sembloit
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venir d'angletterre et aller a Cadix.
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Le jour suivant nous eumes un gros temps qui commanca
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sur les 8 a 9 heures du matin et a 11 heures 1/2 nous
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reçumes un coup de vent. ce fut la que pour le premier qu
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je vis je fis de belles refflections, et quantité de
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moralles en moy même qui etoient capables de la
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maniere que je les pensois de ramener l'ame la plus
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ecartée, je m'y enfoncois de plus en plus quant j'eu
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fues retiré par la vueue d'une nombreuse troupe de
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marçoins qui nous fit esperer changement de temps
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et plus favorable. Je me remis donc de la peure, que
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je venois d'avoir quand je fus replongé dans une
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autre toute aposée a la precedente. Ce fut un calme
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tout plat qui nous survint et qui me fit plus de peine
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que la tempeste d'ou nous sortions, car ne voyant
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aucun soufle de vent, et un navir sans mouvement
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en mer est un tris spectacle voyant qu'il ny avait point
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d'aparence d'en avoir sitot. je retombay de plus belles
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dans mes pensées et plus profondement qu'au paravent
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avec cela j'entendois les matelots qui juroient etant
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ennemys mortels du calme par ce que pour l'ordinaire
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lors qu'il dure on retranche de leurs rattions pour faire
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vie qui dure, enfin je deplorois mon triste sort
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sans cependant que personne s'en apersoive quand nostre
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capitaine. qui etoit a observer les astres sortit
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brusquement de sa chambre. et fit passer tous
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les matelots sur le pont affin destre tous prets
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pour carguer les voils et nous parer dun grin affreux
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qui s'approchoit de nous. je passay dans sa chambre
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avec les autres pour le voir venir mais je ne pus souffrir
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son air sombre et noir sans horreur. voyant une
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mer en fureur qui n'etoit pas loing de nous et qui nous
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alloit entourer. je n'us pas tout affet tant de frayeurs
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qu'a la premiere tempeste mais je n'us pas plus tot
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entendu les cris confus des matelots pour faire la maneuvre
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que je me figuré le mat beaucoup plus grand qu'il ne le fut
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ce qui me fit marcher de même qu'un enfant qui chanselle;
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il ne laissa pas cependant que destre fort viollent et comme
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il s'apesoit, le souper etant servy nous dessendimes pour
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nous mettre a table, mais nous n'y fumes pas deux
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minuttes qu'un second coup de vent nous prit en travers
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et fit pancher le navir de telle sorte qu'il nous fit
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tomber tous les uns par dessus les autres et pas un plat
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ne restat sur la table quoy qu'amarer dessus, chacun
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se releva du mieux qu'il put, l'un avec 2 dents
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casser. lautre tout remply de sausse sur luy *et
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de ce coup de mer l'on vint nous dire qu'il avoit
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pensé nous demaster. Cela me donna cruellement
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a penser du reste du voyage puis qu'a grand peine
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estions nous sortis de la rade nous avions de
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pareilles temps qui est ce donc que nous aurions
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par la suitte. j'aurois de bon coeur voulu retenir
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la terre dans ces moments la;
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Le landemain ayant tous passé la journée assez tranquillement
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nous eumes une nuit en recompance tres mauvaise. non pas
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que la mer fut grosse. mais nous aprimes que nous devions
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passer pres le cap finisterre qui est des costes de Portugal,
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lequel est tres dangereux quand on l'approche de trop pres
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le landemain lon nous dit que nous en avions passé a 7 lieux,
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sur les 2 heures cela nous rassurat entierement; ce jour nous
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rencontrames un batiment qui faisoit routte vers le nord.
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mais que nous ne pumes reconnoistre parce qu'il etoit trop
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loing de nous, sur le soir le vent ayant un peu frechy
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et nous promenant sur le pont je fus tres etonné de voir
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la mer toutte eteincelante. neanmoins je nausay le faire
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remarquer a personne de peur que ce ne fut une chause
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ordinaire. comme en effet j'appris que cestoit le sel qui
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faisoit cet effet lors que la mer etoit agitée. et nous en
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reconnumes bien la verité ensuitte par un grand calme
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qui nous prit car les eaux cessant d'estre a giter la mer
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devint que trop belle, voyans que nous n'avancions plus
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notre capitaine nous proposa de dancer. et commança
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luy même a mener le branle, apres avoir dancér en
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rond comme nous avions trois violons une vielle et
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deux fluttes nous les fimes jouer et passames le reste de
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la nuit a dancer. et aussy a jouer a plusieurs autres jeux
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qui nous recreerent assez.
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Jamais je ne me couchay avec plus de plaisir et fus moins
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de temps a m'endormir que cette fois; je commançois meme
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a gouter les charmes du someil lors que le bruit confus
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et les cris persants qui se fesoient sur le pont murent
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bientot reveillé je prestay l'orreille attentivement. mais
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ne pouvant rien entendre qu'un redoublement aussy confus
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qu'auparavent. fit que je me jettay promptement en bas
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de mon cadre et courus sur le pont. je n'y fus pas plustot
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que jy vis une petite seine entre quelques matelots aquy
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lon avoit donné un oye qui aussitot etoit tombé a la
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mer. ils sy jetterent aussy apres; ils eurent non seulement
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de la peine a l'attraper mais aussy a se battre contre
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les requins qui en vouloient au gibier et aux chasseurs.
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malgré le peril que ces gens la couroient on ne pouvoit
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s'empecher de rire parce queux memes badinoient avec
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ces animaux; c'est un plaisir de voir des matelots a la mer
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le couteau entre les dents. car ils ne sy jettent jamais sans
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cela, affin de toujours se trouver en etat de se déffandre.
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contre les loups marins;
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Nous vaugames deux jours tres paisiblement. le vent
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arriere nous fesoit filler egallement pendant ces deux jours la
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nos 9 neuds 1/2 par heure mais il fraichit le jour suivant
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* Le mot de filler des neuds en terme marin. est qu'en jettant en mer une certaine longeure
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avec une telle violance. qu'il nous pensa jetter bas notre mat
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d'artimont, la même matinée nous apperssumes un Vaisseau que
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nous primes pour un forban ou un sattin qui est bien la meme
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chose. il sortoit du levant et s'avansoit sur nous avec
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toutes ses voilles dehors. cependant lors qu'il fut a 2 lieux distant
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de nous. il en carga une partie et soit qu'il nous crut plus
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forts que nous n'estions par l'espace de mats qui etoitent tres
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bieaux et comme il nous voyaoit entravert soit qu'il nous prit
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pour un vaisseau de roy ou autrement. il changea de dessin
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et fi routte au nord, le vent ayant sur le midy beaucoup
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frechit nous fit freler ou autrement dit serrer la grande
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voille, et le perroquet de fouge; cette journée nous vimes
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un nombre infiny de poissons volans dont il y en eut une
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partie qui se prirent dans nos voils et tomberent sur le
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pont. ce fut de ce poisson que je mangay le premier en
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mer. il a fort bon gou et est tres delica. Le jour d'ensuitte
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nous ne fimes pas 10 lieux tant la mer etoit houlleuse
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qui nous fit beaucoup rouler la lame nous prenant
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de costé, les vents s'étant ranger dans l'ouest nous
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firent faire routte mais au plus pres nous ne fimes
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pas grand trajet comme cela car bientot ils vinrent de
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bout, ou contraire, il resterent comme cela toute la
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nuit, il me fut bien impossible de dormir voyant la mer
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en furie avec des lames qui sembloient a tous moments
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aller engloutir 50 vaisseaux comme notre flutte;
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Le landemain nous appersumes un oiseau qui
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nous fit juger que nous n'estions éloigné de terre que
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d'environ 100 ou 150 lieux, nous receumes le dimanche
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un grain qui nous prit pendant la messe. a peine le
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preste put il la finir il la racheva heureusement car
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comme il se desabilloit il en vint un 2ème si affreux que
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nous pensames abimer joint aux roulis qui nous couchoient
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avec le navir sur le costé; il n'y eut point autrement de
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mal si ce n'est que plusieurs de nos poules, oyes, dindons
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deux cochons, et un asne furent enlever par la dame
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qui passoit par dessus le pont, nous fumes contrains de larguer
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toutes les voilles a l'exception de la mizaine et du petit
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humier; tout ce que je trouvay de plus triste c'est que nous ne
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pumes diner au'avec du biscuit tout sec pour seulement
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pouvoir aider a nous soutenir; voyans que le vent
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duroit toujours avec la même force on ne mit point de
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voiles dehors que sur les 4 heures. il ny avoit pas encore
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un quanrt d'heure que l'on venoit de les hisser quand tout
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dun coup il vnit un coup de vent, on voulut amener tout bas
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mais il fut impossible de faire la moindre maneuvre. notre
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grand humier, le petit, et la misaine, furent emportés a la mer
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moy qui commancoit a m'amariner. je ne puis dans cette
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occasion de faire echaper quelques mouvements de cranite
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mais elle netoit point tout affait a blamer. puis qu'il etoit vray
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que nous estions pres du precipice, les matelots eux mêmes
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ne disoient point ce qu'ils en pensoient mais apres l'orage
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je leurs ay entendu dire qu'ils croyoient bien etre contrains
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d'abattres les mas, jusqu'a l'aumonier qui etoit deja
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tout presta nous donner le pasport pour l'autre monde,
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il me fallut cela pour m'ahardir. et ne plus craindre
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qu'avec juste raison. je me croyois bien affermy d'avoir
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veu la mer terrible et notre navir plongé dans des
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abimes qui etoient entourés de montagnes; je croyois
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que c'estoit la tout ce que l'on pouvoit voir de plus affreux
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a moins que de perir. mais je me trompois bien lourdement
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je ne restay pa plus longtemps dans mon erreur qu'a
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la nuit precedante ou le gros tems ayant toujours
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continué, le someil mayant accablé je fus malgré
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l'orrage me jetter sur mon lit quand sur les 1 heures
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1/2 dormant profondement je fus reveillé en sursault
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la bouche pleine d'eau sallée et tout noyé, je commancay
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a prerde un peu la tremoutade entendant y dire a l'aumonier
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nous sommes perdus seigneur ayez pitié de nous, je crus
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bien pour lors que c'éstoit la mon dernier moment, avec
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cela les dames que j'entendois aussy pleurer, il ne m'en
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falut point davantage pour que je crus notre nofrage
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certain. je me recommanday adieu a atous ses saints
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l'aumonier dans ce moment nous donna la benediction
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et j'employé le peu de temps que je croyois avoir a
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demander pardon a dieu de mes pecher, il n'y a rien qui
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vous puisse inspirer plus de devaution que ces sortes
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d'occasion la.
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Ayant donc veu que l'aumonier etoit monté
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sur le pont je ne tarday guerre a luy aller trouveu, je
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laissay nos dames sur leurs lits evanouies car dans
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cette occasion il n'y avoit point de galanterie chez moy
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du moins je ne pus en avoir en songent qu'a ma peau et
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comment je ferois pour la sauver.
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Lors donc que je fus sur le pont je vis tout ce qui peut
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s'offrir aux yeux de plus affreux, premierement la
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mer etoit agitée extraordinairement et tout en feu
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la pluye et les eclaires ne sembloient jetter leur claireté
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seulement que pour nous faire voir le precipice, le
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vent et lobscurité du Ciel etoient terribles enfin je
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pris patience jusqu'a ce qu'il plut a dieu dordonner de
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notre sort. Je m'informay qui-est-ce qu'il y avoit de
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brisé dans le navir, on me dit qu'il n'y avoit rien, et
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que cestoit une lame qui avoit embarquée sur le
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pont qui avoit tombée dans la grande chambre ce
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qui avoit effroyé l'abbé qui nous a avoué depuis
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qu'il y avoit 12 ans qu'il navigoit mais qu'il navoit point
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eu de semblables frayeures, ne voulans point croire
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que ce fut de cette lame que je m'estois trouvé la bouche
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remplie deau. je dessendis dans la chambre ou apres
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avoir examiné je trouvay que cestoit les petites fenestres
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qui sont au dessus des saborts qui avoient etés enfoncées
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dont il y en avoit encore sur mon lit, j'en fus seulement
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quitte pour la peure et pour faire chesher mon lit;
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je fus ensuitte a ses dames que je fis revenir avec laide
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du second capitanie le plus promptement que nous pumes
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nous eumes le meme temps pendant trois jours entiers
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sil eut continué nous estions pres a relacher aux iles
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de Canarie n'en etant eloignés que de 117 lieux
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De ce jour la mer calma un peu qui nous laissa prendre relache
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je vous laisse a penser si apres trois jours et 3 nuits de pluye
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sur le corps a travailler (car tous jusqua l'abbré nous maneuvrions)
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je devois m'acquitter de mon devoir a bien manger et dormir.
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Lorsque le beau tems fut revenu et que me fus
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bien reposé, l'envie un jour me prit voyant les matelots
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monter dans la *hune de faire de meme. pour que les
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matelots ne me disent rien j'en parlay au capitaine et
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luy dis que j'allois y monter du moins aussy vitte qu'eux;
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il fit semblant de rien au contraire. il me dit voyons si
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vous y monterés seulement aussy vitte que moy sur le
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champs je me mis en devoir de prendre les portauxbants
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et de monter, mais lors que je fus proche la grande hune
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je vis au lieu de Monsieur aubin venir une 12aine de matelots qui montoient
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apres moy les uns a tribord et les autres a babort, moy qui les
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voyoit s'empresser je crus sans faire aucune refflection
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qu'ils venoient a moy pour maider de la part du Capitaine a monter
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dans la hune je me tuois de leurs crier qu'ils n'avoient qu'a
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rester j'y monterois bien tout seul. ils me dirent qu'il falloit
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qu'ils m'aidassent autrement que je pourrois bien tomber a la
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mer. je leurs fus bon gré car je commançois a sentir que je
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n'avois pas plus de force qu'il ne m'en falloit, ils me monterent
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par le trou du chat, lors que je fus dans la grande hune, l'un
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commença a me prendre une jambe l'autre une autre et
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m'amarerent bien; moy qui vis bien de quoy ils s'agissoit apres
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m'nestre un peu mis en collaire ce qui ne servit a rien qu'a
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me faire mieux amarer et a faire rire les officiers qui etoient
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en bas. Je n'y fus pas longtemps car je leurs promis un flaçon
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d'eau de vie tenant 9 Chopines. dabord ils me delierent et
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m'aiderent a dessendre en bas. ou il fallut leur donner
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ce que je leur avois promis, apres ils me dirent que la
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premiere fois que l'on montoit dans les hunes il falloit
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payer le tribu et burent ensuitte a ma santé; quelques
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jours apres ils en firent autant a une demoiselle qu'ils
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attacherent seulement au bas des haubans. quoy quelle n'avoit
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simplement fait que de dire quelle y alloit monter.
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Je luy prestay un flaçon d'eau de vie; Il y eut les 3/4 1/2 des
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passagers qui subirent a cette ordonnance de marine.
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Nous passames cette journée entre des vigies ce sont
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des rochers cachez sous l'eau et d'autres a fleur. nous
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les passames fort bien et d'un fort beau temps;
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Le landemain nous entrames dans la mer passifique
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et dans les vents alisez, quand l'on est dans cette mer
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l'on a toujours pour l'ordinaire assez beau temps,
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Nous jouissions de la tranquilité et passions notre
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temps assez bien quand l'on vint a crier navir, sur
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le champs notre capitaine fut prendre la longue veue
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et pasr le monde qu'il decouvrit et la maniere de maneuvrer
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il vint nous avertir de cesser de jouer et qu'il croyoit que
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ce batiment etoit un sattin. ce mot nous saisit, il n'en
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fallut pas d'avantage pour nous faire quitter sur lheuree
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cependant je desirois que nous pussions nous trouver en
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demellé avec luy. on mit a l'instant branle bas et lon
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apportat tous les matelas sur le pont pour nous bastinguer
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en cas de besoin, le canonier prepara ses canons le capitaine
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d'armes les fusils, boucanniers espingols, pistolets, sabres,
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halbardes, piques, spontois et haches d'armes, lon
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distribua a chacuns des volontaires dhonneur des dites
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armes et l'on nous plassa au poste dhonneur sur la
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lunette en suitte le capitaine prit le reste de l'equipage
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et plassa tout le monde chacun dans son poste. il
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n'y avoit point de chevaliers herans du temps de don
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guichot mieux armer que nous car premierement
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nous avions en marin chacuns un boucanier, au costé
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droit une hache d'arme attachée a la cinture et
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un sabre de lautre costé avec deux pistolets de même
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a la cinture. voila dequel maniere nous estions armez,
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dans cette posture voyant qu'il restoit hors de la portée
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du canon, et que sans doutte il attendoit la nuit
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croyant quelle luy seroit plus favorable, nous restames
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une partie sur le pont. et les autres se jetterent sur
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leurs cadres tous armés pour se reposer jusquau
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moment qu'il faille se battre, ce qui me fit de la
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peine avoir ce fut notre aumonier en surplis
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crucifix a la main tout prest a nous donner la
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benediction, nous passames la nuit dans cet etat et le
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landemain nous ne le vimes plus.
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nous fumes fausse routte ce jour paraport a ce que
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la bousolle qui ressemble au vin nouveau ou quand
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il entre dans l'endroit ou il faut quelque personne, qui
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n'est pas en regle elle gaste toutte la cuvée, semblablement
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de la boussolle. une demoiselle qui se trouva assise
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proche fut la cause que l'eguille se derangea, et sur
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le champs devant arriere, bon fret nous crumes vent
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debout, on vit bien qu'il y avoit du surprenant la dedans
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on examina la chose, et apersevant cette demoiselle
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assise pres l'abitacle on la pria de se retirer ce quelle fit
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et l'eguille se remit et le vent redevin arrier comme
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auparavent, mais neanmoins il ne dura pas longtems
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car sur le midy il vind contraire, ce qui fut cause que
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l'on ne put cour que des bordez,
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Il y avoit deja longtems que nous avions du beau tems
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quand nous receumes un petit coup de vent, au lieu de
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me faire de la peine il me rejouit. parceque cela
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ranima et donna de l'occupation a l'equipage,
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il me fit voir aussy que dans toute choses il n'y a que de
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l'habitude a avoir pour ne plus rien craindre.
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Ce meme jour un matelot fut amaré par les deux pouces
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sur la cullasse d'un canon il receut 80 coups de garcette
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* Une garcette est rosse ou pour mieux dire trois bouts de corde tresser ensemble qui len font qu'oy elles servent non seulement a fustiger mais aussy a la maneuvre et aux voiles.
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pour avoir volé deux chemises, ce fut la plus grande grace
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que l'on peut obtenir, car sans nous il alloit avoir la calle,
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cette calle se donne de deux manieres. la premiere qui est
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celle que l'on nomme mouillée. et qui est pour de petits vols
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ou autres choses de semblable se donne par 3 5 7 fois
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plus ou moins que l'on vous plonge du bout de la grande
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vergue qui est bien a 50 et 60 pieds de hauteurs. la seche
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se donne de même au bout de la vergue mais la differance
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qu'il y a cest qu'au lieu de tomber dans l'eau vous tombés
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a deux pieds de distance sur le pont suspendu enlair
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lon vous fait sauter selon votre crime de cette maniere
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plus ou moins de celle la plusieurs en meurent par l'escouce
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qu'ils recoivent lors qu'ils sont retenus en lair;
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